Comment s’appelle la Belle au bois dormant ? Tous ses noms selon les versions
Quand on demande comment s’appelle la Belle au bois dormant, la plupart des gens répondent spontanément : Aurore. Pourtant, l’histoire est beaucoup plus complexe. Selon les époques, les auteurs et les adaptations, la princesse porte plusieurs noms… et, dans certaines versions, elle n’a même aucun prénom.
Cet article détaille, de façon claire et structurée, les différents noms de la Belle au bois dormant dans les grandes versions du conte (Basile, Perrault, Grimm, Tchaïkovski, Disney), explique pourquoi ces différences existent et comment le personnage a évolué jusqu’à devenir l’héroïne que nous connaissons aujourd’hui.
La Belle au bois dormant : un conte populaire aux multiples visages
Avant de parler de prénom, il faut rappeler que La Belle au bois dormant est d’abord un conte populaire, classé comme conte-type 410 dans la classification internationale Aarne-Thompson-Uther. Comme beaucoup de récits oraux, il a été repris, transformé et réécrit par plusieurs auteurs, ce qui explique les différences de noms, de personnages et de tonalité.
On trouve des motifs proches de la Belle au bois dormant dans des récits médiévaux et des traditions orales européennes, mais les grandes versions littéraires qui ont façonné notre imaginaire sont principalement les suivantes :
- Giambattista Basile avec le conte Soleil, Lune et Thalie (Italie, XVIIe siècle).
- Charles Perrault avec La Belle au bois dormant, publié en 1697 dans les Contes de ma mère l’Oye.
- Les frères Grimm avec Dornröschen (Allemagne, XIXe siècle).
- Piotr Ilitch Tchaïkovski avec le ballet La Belle au bois dormant (créé en 1890).
- Walt Disney avec le film d’animation Sleeping Beauty (La Belle au bois dormant, 1959).
Les différents noms de la Belle au bois dormant par version
1. Giambattista Basile : Thalie dans « Soleil, Lune et Thalie »
La plus ancienne grande version littéraire apparentée à la Belle au bois dormant est le conte italien Soleil, Lune et Thalie, de Giambattista Basile, publié au XVIIe siècle.
- La jeune femme équivalente à la Belle au bois dormant s’appelle Thalie.
- Ses deux enfants portent les prénoms symboliques Soleil et Lune.
Dans cette version, on retrouve déjà des éléments clés du futur conte : une prophétie liée à un élément pointu (une écharde de lin), un sommeil profond, un château isolé, puis la naissance d’enfants qui réveillent la mère. Mais le ton est beaucoup plus sombre : l’homme qui découvre Thalie endormie abuse d’elle au lieu de la réveiller par un baiser romantique, et la suite du récit met en scène jalousie, menaces de meurtre et tentative de cannibalisme.
2. Charles Perrault : une princesse sans prénom et une fille nommée Aurore
En France, la version la plus célèbre est celle de Charles Perrault, publiée en 1697 dans les Contes de ma mère l’Oye. Elle a largement façonné l’image de la Belle au bois dormant dans la culture francophone.
Point crucial : dans le texte de Perrault, la princesse n’a pas de prénom. Elle est désignée simplement comme « la princesse » ou « la Belle au bois dormant », mais jamais par un nom propre.
En revanche, Perrault donne un prénom à ses enfants :
- Sa fille s’appelle Aurore.
- Son fils s’appelle Jour (ou Petit Jour selon les éditions).
C’est donc un contresens fréquent de dire que « la Belle au bois dormant s’appelle Aurore dans le conte original de Perrault ». Dans le texte, Aurore est bien la fille de la Belle au bois dormant, non la Belle elle-même.
3. Les frères Grimm : Dornröschen, « Rose d’épine » / « Briar Rose »
Un siècle plus tard, en Allemagne, les frères Jacob et Wilhelm Grimm proposent leur propre version intitulée Dornröschen, que l’on traduit en français par « Rose d’épine » ou « Petite Rose d’églantier », et en anglais par Briar Rose.
- Le texte précise que l’on appela la princesse Dornröschen à partir du moment où elle tombe dans son sommeil enchanté.
- Ce nom renvoie directement aux ronces et aux épines qui entourent le château endormi.
Dans cette version, la structure générale se rapproche de celle de Perrault, mais les Grimm simplifient et assombrissent certains aspects, tout en supprimant la seconde partie de l’histoire (celle de l’ogresse belle-mère) conservée par Perrault.
Il est donc faux d’affirmer que la princesse s’appelle Aurore chez les Grimm : son nom est bien Dornröschen, pas Aurore.
4. Tchaïkovski : Aurore, la princesse du ballet
À la fin du XIXe siècle, le compositeur russe Piotr Ilitch Tchaïkovski crée le ballet La Belle au bois dormant, donné pour la première fois à Saint‑Pétersbourg en 1890.
Ce ballet s’inspire directement de la version de Perrault, mais avec un changement capital pour notre sujet : le prénom Aurore, qui était chez Perrault celui de la fille de la Belle au bois dormant, est transféré à la princesse endormie elle-même.
- Dans le ballet, la Belle au bois dormant s’appelle donc Aurore.
- Ce choix va influencer fortement les adaptations ultérieures, notamment Disney.
C’est en grande partie grâce à cette œuvre que le prénom Aurore commence à être associé, dans l’imaginaire collectif, non plus à la fille de la princesse, mais à la Belle au bois dormant elle-même.
5. Disney : princesse Aurore, cachée sous le nom Briar Rose / Rose
En 1959, les studios Disney sortent le long-métrage d’animation Sleeping Beauty (La Belle au bois dormant en français). Cette version se nourrit à la fois de Perrault, des Grimm et du ballet de Tchaïkovski.
Disney reprend le principe du prénom Aurore pour la princesse :
- La princesse porte officiellement le prénom Aurore.
- Lorsqu’elle est cachée dans la forêt pour échapper à la malédiction, elle utilise le nom Briar Rose (en français : Rose) comme identité secrète.
On entend donc deux noms dans le film :
- Aurore : son prénom royal, connu de ses parents et des fées.
- Rose / Briar Rose : son nom d’emprunt lorsqu’elle vit incognito chez les trois bonnes fées.
Disney n’a donc pas « inventé complètement » le prénom Aurore : celui-ci existait déjà chez Perrault (pour la fille de la Belle au bois dormant), puis avait été attribué à la princesse par Tchaïkovski. En revanche, le film Disney a largement popularisé l’association directe « Belle au bois dormant = princesse Aurore » auprès du grand public.
La Belle au bois dormant a-t-elle un “vrai” prénom ?
À ce stade, une chose apparaît clairement : la Belle au bois dormant n’a pas un seul prénom universel. Son nom dépend de la version que l’on considère.
| Version | Auteur / Œuvre | Nom de la princesse | Autres noms / enfants |
|---|---|---|---|
| Conte italien | Giambattista Basile – Soleil, Lune et Thalie | Thalie | Enfants : Soleil et Lune |
| Conte français classique | Charles Perrault – La Belle au bois dormant | Pas de prénom (simplement « la princesse ») | Fille : Aurore ; fils : Jour / Petit Jour |
| Conte allemand | Frères Grimm – Dornröschen | Dornröschen (Rose d’épine / Briar Rose) | Pas de prénom distinct pour d’éventuels enfants dans la version classique |
| Ballet | Tchaïkovski – La Belle au bois dormant (1890) | Aurore | Inspiré de Perrault, mais le prénom Aurore est transféré à la princesse |
| Film d’animation | Disney – Sleeping Beauty (1959) | Aurore | Nom d’emprunt : Briar Rose / Rose |
On peut donc répondre de manière nuancée à la question « Comment s’appelle la Belle au bois dormant ? » :
- Dans la version originale de Perrault, la Belle au bois dormant n’a pas de prénom ; sa fille, en revanche, s’appelle Aurore.
- Dans le conte des Grimm, la princesse est nommée Dornröschen (Rose d’épine / Briar Rose).
- Dans le ballet de Tchaïkovski et dans le film de Disney, la princesse s’appelle Aurore.
- Dans la version italienne de Basile, son équivalent s’appelle Thalie.
Pourquoi autant de noms différents ?
Un conte populaire sans auteur unique
Le premier élément d’explication tient au statut même du conte : La Belle au bois dormant est un récit populaire, issu de traditions orales anciennes. Les conteurs ont longtemps transmis l’histoire de bouche à oreille, en l’adaptant à leur langue, à leur public et à leurs références culturelles.
Lorsque les écrivains commencent à consigner ces récits (Basile, puis Perrault, puis les Grimm), ils les adaptent davantage encore, parfois en changeant les noms, la morale ou certains épisodes pour correspondre à la sensibilité de leur époque.
Des choix symboliques et sonores
Les noms donnés à la princesse ou à ses enfants ne sont jamais neutres :
- Thalie évoque la floraison et l’abondance (comme la muse grecque Thalie).
- Aurore renvoie au lever du jour, à la lumière qui revient après la nuit, image évidente du réveil de la princesse après son long sommeil.
- Jour / Petit Jour prolonge ce symbolisme de la lumière et du renouveau.
- Dornröschen (« petite rose d’épine ») associe la beauté de la rose et la dangerosité des épines, en écho à la haie de ronces qui entoure le château.
- Rose / Briar Rose conserve, chez Disney, ce lien à la végétation et à la forêt, tout en offrant un prénom doux et facile à retenir.
Ces choix renforcent les thèmes centraux du conte : passage de l’enfance à l’âge adulte, alternance sommeil/réveil, lumière/ténèbres, beauté/danger.
La Belle au bois dormant : personnages et symboles principaux
La princesse : innocence, passage et renaissance
Quelle que soit la version, la Belle au bois dormant incarne une figure de transition : elle passe de l’enfance à l’âge adulte à travers une épreuve marquée par un long sommeil. Ce sommeil peut être lu comme :
- un temps de retrait et de transformation intérieure ;
- une métaphore du passage à la maturité ;
- une suspension du temps qui permet, à son réveil, un véritable nouveau départ.
Son réveil coïncide presque toujours avec la rencontre du prince, symbole de l’entrée dans la vie amoureuse et sociale.
Le prince : figure de l’Autre et de la rencontre
Le prince joue un rôle plus ou moins développé selon les versions. Il est celui qui ose traverser la forêt, les ronces ou le château abandonné, et qui permet le retour à la vie. Dans les lectures modernes, il est parfois questionné ou critiqué (surtout dans les versions les plus sombres d’origine), mais, dans l’imaginaire classique, il représente la rencontre décisive, le choix de sortir de l’isolement.
La fée malveillante et les autres fées
Dans Perrault comme chez Disney, les fées structurent l’intrigue :
- Les fées bienveillantes offrent des dons (beauté, grâce, talent) et tentent d’atténuer la malédiction.
- La fée non invitée (ou sorcière) lance la malédiction qui provoque le sommeil de la princesse.
Cette opposition symbolise le mélange de bienveillance et de danger qui entoure la croissance d’un enfant : protection des parents, mais aussi risques et imprévus du monde extérieur.
Évolution du conte jusqu’aux versions modernes
Du récit brutal aux réécritures édulcorées
Les premières versions écrites, comme celle de Basile, sont beaucoup plus crues et violentes que les adaptations contemporaines. Le viol, la jalousie meurtrière, les menaces de cannibalisme montrent que ce conte, comme beaucoup de contes populaires, n’était pas initialement destiné uniquement aux enfants.
Avec le temps, les réécritures (Perrault, Grimm) puis les adaptations scéniques et cinématographiques ont adouci le récit, supprimant certains épisodes jugés trop choquants et mettant davantage l’accent sur la romance et le merveilleux.
Le rôle décisif de Disney dans la fixation du prénom “Aurore”
Si l’on demande aujourd’hui, dans le monde francophone, « comment s’appelle la Belle au bois dormant ? », la réponse la plus fréquente reste Aurore. C’est le résultat de plus d’un demi‑siècle de diffusion de la version Disney, dans laquelle :
- la princesse est constamment appelée Princess Aurora (Aurore) dans les produits dérivés, livres, jouets et séries dérivées ;
- le nom d’emprunt Rose est plutôt utilisé dans le film lui-même, en tant qu’alias secret dans la forêt, mais reste secondaire dans la culture populaire française.
Pour beaucoup de spectateurs, la Belle au bois dormant est donc définitivement identifiée à la princesse Aurore, au point de faire oublier que, dans la version de Perrault, la princesse n’avait pas de prénom.
Questions fréquentes sur le prénom de la Belle au bois dormant
1. Comment s’appelle la Belle au bois dormant dans le conte de Perrault ?
Dans le conte de Charles Perrault, la Belle au bois dormant n’a pas de prénom. Elle est simplement appelée « la princesse ». En revanche, Perrault nomme ses enfants : sa fille s’appelle Aurore et son fils Jour ou Petit Jour selon les éditions.
2. La Belle au bois dormant s’appelle-t-elle Aurore dans le texte original ?
Non. Dire que « la Belle au bois dormant s’appelle Aurore dans le conte original de Perrault » est une erreur. Aurore est le prénom de la fille de la Belle au bois dormant, pas celui de la princesse.
3. Comment s’appelle la Belle au bois dormant chez les frères Grimm ?
Chez les frères Grimm, la princesse est appelée Dornröschen, un nom qui signifie « petite rose d’épine ». En français, on le traduit souvent par Rose d’épine, et en anglais par Briar Rose.
4. Pourquoi Disney a-t-il choisi le prénom Aurore ?
Disney s’inspire à la fois du conte de Perrault et du ballet de Tchaïkovski. Perrault avait nommé Aurore la fille de la princesse, et Tchaïkovski a repris ce prénom pour l’héroïne de son ballet. Disney a adopté à son tour Aurore comme prénom de la Belle au bois dormant, contribuant à le populariser définitivement.
5. La Belle au bois dormant s’appelle-t-elle Rose ?
Dans le film Disney en version originale, la princesse utilise le nom Briar Rose lorsqu’elle vit cachée dans la forêt. En français, elle est parfois appelée simplement Rose dans ce contexte. Il s’agit toutefois d’un nom d’emprunt, destiné à dissimuler sa véritable identité de princesse Aurore.
6. Comment s’appelle la Belle au bois dormant dans la version italienne ?
Dans le conte Soleil, Lune et Thalie de Giambattista Basile, la jeune femme qui correspond à la Belle au bois dormant s’appelle Thalie. Ce n’est donc ni Aurore ni Dornröschen, mais un autre nom, lié à la tradition italienne et à la symbolique de la floraison.
7. Quel est le premier prénom associé à la Belle au bois dormant dans la littérature ?
Le premier grand prénom associé au personnage dans la littérature écrite est Thalie, dans le conte italien de Basile. Dans la version de Perrault, la princesse n’a pas de prénom, mais sa fille se nomme Aurore, prénom qui sera ensuite repris pour la princesse par Tchaïkovski et Disney.
8. Y a-t-il une version où la Belle au bois dormant n’a vraiment aucun nom ?
Oui. Dans le conte de Charles Perrault, la princesse n’est jamais désignée par un prénom. Elle reste une figure symbolique, simplement appelée « la princesse » ou « la Belle au bois dormant », ce qui renforce son rôle d’archétype plutôt que de personnage individualisé.
9. Quel nom faut-il utiliser aujourd’hui : Aurore, Rose d’épine ou Thalie ?
Tout dépend du contexte :
- Si vous parlez du film Disney ou du ballet : le prénom approprié est Aurore.
- Si vous étudiez le conte de Perrault : la princesse n’a pas de prénom, mais sa fille s’appelle Aurore.
- Si vous travaillez sur la version des Grimm : utilisez Dornröschen (Rose d’épine / Briar Rose).
- Pour la version de Basile : le nom de la jeune femme est Thalie.
10. Pourquoi dit-on encore “la Belle au bois dormant” si elle s’appelle Aurore ?
La Belle au bois dormant est avant tout le titre du conte et la désignation du personnage dans la tradition populaire. Le titre insiste sur son état (belle et endormie dans un château au milieu des bois) plus que sur son identité personnelle. Les prénoms comme Aurore, Dornröschen ou Thalie sont venus ensuite, selon les auteurs et les adaptations, sans effacer ce titre emblématique.
